Compétences environnementales

En matière de compétences environnementales je prierais le lecteur de parcourir tout d'abord la page de ce site présentant mon expérience professionnelle.

Plus spécifiquement durant les années passées à l'Office fédéral de l'Environnement il m'a été donné de toucher, d'approfondir et de conduire à différents niveaux  les thèmes environnementaux suivants :

  • Le subventionnement des projets forestiers par la Confédération en tant que chef de la section des mesures d'encouragement à la Direction Fédérale des forêts.
  • La conception et la mise en oeuvre d'une nouvelle politique de subventionnement des forêts basée sur les "conventions-programmes" développées dans le cadre de la nouvelle péréquation financière entre la Confédération et les cantons. Le projet EFFOR2 conçu et développé par mes soins fût un des premiers projet-pilote de cette nouvelle politique de subventionnement. Sa réussite a été suivie par une mise en oeuvre plus large du concept à d'autres politiques environnemtales ou non dans le cadre de la péréquation financière Confédération-cantons.
  • Une connaissance générale du droit environnemental, en tant que sous-directeur du secteur droit de l'OFEV avec ses différentes lois (loi sur la protection de l'environnement, loi sur le génie génétique, loi sur le changement climatique, loi sur la protection des eaux, loi sur les forêts, les dangers naturels etc.) et ses 70 ordonnances (et notamment les ordonnances de la lutte contre le bruit, de la protection contre les rayons non-ionisants, de l'assainissement des sites contaminés, du financement de ces assainissements, du traitement et du transport des déchets, de la protection de l'air, de la protection des sols, des produits chimiques et biologiques, du traitement en milieu confiné et/ou en plein champs des OGM's etc...)
  • La politique des déchets vue sous l'angle national (en étroite collaboration avec les cantons, les communes et les principaux acteurs du secteur privé concernés). Thèmes principaux : triage, récolte et élimination des déchets dans les usines d'incinération, dans les décharges prévues à cet effet. Recyclage, récupération des matières premières telles que les métaux, le phosphore et les matériaux de construction. Lutte contre le littering. Transport national et international des déchets etc.
  • L'investigation et l'assainissement des sites contaminés : traitement des grands cas tels que Kölliken, Bonfol, Viège, Monthey, Muttenz etc. ainsi que l'assainissement de centaines de projets de moins grande envergure incluant notamment l'assainissement des stands de tir.
  • La politique nationale de protection de l'air (là aussi en étroite collaboration avec les cantons, l'industrie et les acteurs des transports) amélioration de la qualité de l'air par la surveillance des normes d'immission et l'évaluation des émissions. Conception, mise en oeuvre et suivi du plan d'action sur la réduction des poussières fines et notamment des suies de diesel. Lutte contre le smog estival.
  • La politique nationale de lutte contre le bruit concernant aussi bien la lutte contre les bruits routier, ferroviaire, aérien, industriel et sociétal. Là aussi cette lutte se fait en collaboration avec tous les acteurs concernés soit les différents offices fédéraux en charge (l'Office fédéral des routes, l'Office fédéral des transports, l'Office fédéral de l'avion civile, la défense nationale pour l'aviation militiare etc.) les cantons et tous les acteurs économiques et sociétaux (par exemple les stands de tir, les bars et dancings, les paysans et les cloches des vaches, les églises et leurs cloches etc). Le respect des normes d'immission et d'émission, la recherche de solutions ponctuelles (murs anti-bruit) et à la source (bruit des moteurs, pneus et revêtements phoniques) constituent les bases d'une politique efficace de lutte contre le bruit. L'aménagement du territoire sous ses aspects infrastructuraux, urbanistiques et architecturaux jouent un rôle de plus en plus important pour trouver des solutions efficaces à long terme. La protection de la ressource "silence" va à l'avenir prendre toujours plus d'importance.
  • La protection contre les rayons non-ionisants ou électro-smogs se fait de plus en plus nécessaire avec l'augmentation exponentielle des ondes propagées aussi bien par les antennes de téléphonie mobile que par le réseau de plus en plus dense de la distribution et de  la consommation du courant électrique. Les rayons non-ionisants contrairement au rayonnement atomique (ionisant) ne montrent pas leur gravité de manière aussi évidente que cette dernière. De nombreux indices semblent toutefois montrer que l'exposition aux rayons non-ionisants à hautes doses à court terme et à doses plus faibles sur le long terme peuvent créer des dommages importants. Certaines personnes considérées comme ultra-sensibles sont perturbées très rapidement. Le principe de précaution précisé dans la loi sur la protection de l'environnement est tout à fait indiqué pour ce type de politique.
  • La gestion durable des sols en luttant contre leur érosion, leur pollution, leur écrasement et le gaspillage des bons sols fût à l'origine du lancement, par l'Office fédéral de l'environnement d'une véritable "stratégie des sols". Son but vise à coordonner de manière systématique et efficace toutes les actions nécessaires à la conservation des bons sols pour les générations futures et à une utilisation précautionneuse et intelligente de ceux-ci. Au lieu de constuire là où c'est le plus facile et ce faisant de détruire de manière définitive les meilleurs sols, il s'agira dans l'avenir de connaître beaucoup mieux les qualités et valeurs des sols afin de préserver ceux qui offrent les plus riches et les plus nombreuses fonctions. Se doter des instruments nécessaires à la connaissance des sols et à leur gestion intelligente va devenir indispensable dans l'avenir surtout dans une Suisse dont la recherche d'équilibre entre l'exiguité du territoire et la croissance de la population ne cesse de nous défier.
  • Une production et une utilisation adéquate et sûre des produits chimiques, biotechnologiques et nanotechnologiques constituent la base d'un monde sain où les avantages de ces percées technologiques ne sont pas détruits par les inconvénients et dangers pour la santé, la nature et l'environnement qu'ils peuvent générer. Une approche coordonnée entre tous les acteurs concernés : offices fédéraux, offices cantonaux, entreprises de l'industrie chimique et biotechnologique, les représentants des consommateurs et ceux de la recherche est indispensable.
  • Le maintien d'une diversité biologique et paysagère est la base d'une autre grande sécurité de la vie sur terre (grâce au maintien de la biodiversité) et de la préservation d'une immense richesse visuelle et émotionnelle (nos magnifiques paysages suisses). Si le premier élément permet de donner aux humains, à la faune et à la flore la possibilité de se défendre efficacement contre les fléaux potentiels en diversifiant leurs réponses aux agressions, le deuxième élément est un véritable trésor national qu'il convient de conserver et de faire fructifier en évitant, par manque de conscience et d'intelligence, d'abîmer inutilement ces beautés que la nature nous a confiées.
  • Le développement d'une économie capable de gérer à long terme et de manière durable les ressources naturelles (économie verte). Au-delà de la politique environnementale classique qui vise à protéger des dangers l'humanité et la nature, la gestion durable des ressources naturelles prend en considération une autre notion complémentaire à la protection contre les dangers et à la préservation des espèces contre leur disparition. Elle nous fait remarquer que l'utilisation actuelle des ressources naturelles (les matières premières et l'énergie mais également l'air, l'eau, le sol, les zones de silence ou celles libres d'électrosmogs) n'est pas durable à long terme. Des études sérieuses montrent que ce que nous consommons à l'heure actuelle nécessite les ressources de plus de deux planètes. Hors nous n'en avons qu'une seule. Cette surconsommation l'épuise et risque à moyen et long terme d'entraîner une incapacité pour celle-ci de fournir le nécessaire à la survie de l'humanité et des autres espèces avec son cortège d'appauvrissement et de luttes pour les ressources. La transformation progressive de l'économie en une économie capable de gérer de manière durable les ressources naturelles, une éonomie appelée verte, est inévitable.
  • Une approche éthique des politiques environnementales. L'Office Fédéral de l'Environnement s'est doté en 2012 d'un Comité d'Ethique. Son but est de déceler les questions éthiques et d'y chercher des réponses adéquates. Il joue ainsi un rôle consultatif et pionnier au service des différentes politiques environnementales. L'éthique permet de prendre une certaine distance face à la science, à l'économique, au politique mais également au droit. En effet il s'agit de découvrir les valeurs qui sous-tendent les décisions et les règles pratiquées. On constate parfois que ce qui est légal n'est pas toujours juste. Les critères de "justice" peuvent être différents suivant le système de valeurs de référence. Les deux grandes approches éthiques, le conséquentialisme et la déontologie, n'envisage pas les valeurs de la même manière. Alors que le premier cherche à maximiser l'utilité globale (peu importe si certains doivent en souffrir) l'autre cherche à fixer des limites claires à ne pas dépasser. Ces questions se posent souvent dans la conception et l'application du droit environnemental. Sommes nous justes et pour qui lorsque doivent se faire des pesées d'intérêt ? La protection contre les risques est-elle toujours justement réparties ? Est-il juste de prendre des mesures de précautions ? Etc. Pour contre-balancer l'utilisation abusive des ressources naturelles, répartir correctement les risques, forger et appliquer des règles justes, l'éthique va devoir retrouver une place décisive pour que le vivre ensemble harmonieusement sur cette planète devienne réalité. 

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Commentaires

  • Isabelle Chevalley (Conseillère nationale au Parlement Suisse)

    1 Isabelle Chevalley (Conseillère nationale au Parlement Suisse) Le 06/01/2019

    Monsieur Poffet est une personne engagée pour la défense de l’environnement. Lors de son activité à la Confédération, il a acquis une quantité de compétences variées et un réseau important. Il sera une personne efficace pour faire avancer un dossier même un dossier difficile.

    (message posté sur linkedin)

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